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Zsolt Löw : « J’ai passé trois années magiques à Leipzig »

À la veille de cette 23e journée, notre ancien entraîneur adjoint Zsolt Löw revient sur son temps du côté de Leipzig et nous parle de ses nouvelles fonctions au Paris Saint-Germain auprès de Thomas Tuchel.

Zsolt, tu es depuis cet été l’entraîneur adjoint d’un top club européen, le Paris Saint-Germain. As-tu de temps à autre la possibilité de visiter la capitale ?

Ma femme et mes enfants, oui, ils ont le temps de profiter de ce que Paris a à offrir ; moi, un peu moins (rires). Parfois, quand je sors avec ma femme pour aller prendre le petit-déjeuner ou bien le soir avec des amis pour dîner, nous passons presque toujours devant un ou deux monuments. Mais notre calendrier est tellement chargé avec le championnat, la Coupe et la Ligue des champions, que certaines visites touristiques doivent encore attendre.

Il ne doit donc pas te rester beaucoup de temps pour garder contact avec tes anciens collègues ici à Leipzig, si ?

Au cours de la saison, il est difficile pour moi d’y consacrer autant de temps que je le voudrais. Pendant la trêve hivernale, j’ai au moins pu discuter avec Ralf Rangnick ; et depuis une ou deux semaines, avec Péter Gulácsi et Marcel Sabitzer. Dans tous les cas, je suis toujours avec beaucoup d’intérêt les résultats de Leipzig cette saison.

Tu es donc toujours attaché au club ?

Bien sûr. J’ai passé trois années magiques à Leipzig, trois années couronnées de succès. Je me suis fait beaucoup d’amis et j’ai appris à connaître plein de gens formidables. Que ce soit Ralf Rangnick, Oliver Mintzlaff ou bien le staff technique et médical, nous avons vécu de grands moments ensemble et cela nous a forcément rapprochés. J’y repense souvent. Leipzig restera donc toujours dans mon cœur.

Que penses-tu de la situation actuelle du club ?

Bien qu’il y ait beaucoup de jeunes joueurs, l’équipe est déjà très expérimentée. La plupart d’entre eux étaient déjà là il y a 2 ans quand nous avons terminés deuxièmes avec la Ligue des champions à la clé. En disputant la plus prestigieuse des compétitions et en effectuant par la suite un bon parcours en Europa League, les jeunes ont énormément progressé. L’équipe fait de bonnes prestations, est solide dans les grands matchs et prend régulièrement des points…

… et pointe à la 4e place au classement avec 41 points.

De plus, Leipzig n’aura pas la coupe d’Europe à disputer lors de cette phase retour ; ce qui va permettre de mieux se reposer et de se concentrer uniquement sur les matchs de championnat. Ils sont dans les meilleures dispositions pour aller chercher une place en Ligue des champions.

Que dirais-tu d’une confrontation face à ton ancien club en Ligue des champions ?

Pour être honnête je préférerais éviter cela. Cela me dérangerait de battre Leipzig et de leur faire du mal. À moins que ce soit en finale, là on n’aurait pas d’autre choix et on devra laisser nos sentiments de côté le temps d’un match. Mais il vaudrait mieux que ça n’arrive pas avant.

Même si la probabilité de voir Paris en finale est quand même plus élevée…

Ah, on ne sait jamais ! (rires)

Nous pourrions gagner des points précieux dans la course à la Ligue des champions lundi face à Hoffenheim. Qu’attends-tu de ce match entre tes deux anciennes équipes ?

Ce sont deux bonnes équipes avec deux très bons entraîneurs qui vont s’affronter. Mais je pense que le RBL a de meilleures chances de s’imposer. Hoffenheim connaît des hauts et des bas cette saison alors que Leipzig est beaucoup plus régulier. Derrière, l’équipe défend très bien et encaisse peu de buts. Devant, Yussuf Poulsen est dans la forme de sa vie. Pour cette raison, je vois une victoire de Leipzig à domicile ; ce serait un grand pas vers l’objectif Ligue des champions.

Tu as porté le maillot d’Hoffenheim de 2006 à 2008. As-tu gardé des contacts là-bas ?

Je suis très proche de mon compatriote Adam Szalai. Je parle aussi de temps en temps avec Julian Nagelsmann. Quand nous jouions l’un contre l’autre, c’était toujours un peu tendu au bord du terrain, pour autant nous avons toujours fait preuve de fair-play entre nous. Nous nous apprécions mutuellement. Avant son match en Ligue des champions face à Lyon, il est même venu nous demander quelques unes de nos analyses vidéo sur l’Olympique Lyonnais. Je continue toujours de suivre leurs résultats, non seulement pour ça, mais également parce que j’ai vécu de grands succès là-bas en tant que joueur.

Tu as encore des souvenirs de cette époque ?

Oui j’étais international hongrois et ce transfert à Hoffenheim n’était pas du tout dans mes plans. Le club évoluait alors en 3e division, mais le projet de Ralf Rangnick m’avait convaincu. Je croyais tellement en lui et en ses idées que j’ai quand même décidé de prendre le risque ; et j’ai bien fait au final. Nous sommes montés de la 3e division jusqu’en Bundesliga. Nous étions même devant le Bayern au classement à l'issue de la phase aller en 2008/09. On peut dire que j’ai vécu les grandes heures du club. C’est la raison pour laquelle Hoffenheim aura, tout comme Leipzig, toujours une place particulière dans mon cœur.

À l’hiver 2008/09, tu as quitté Hoffenheim pour rejoindre Mayence et les Kraichgauer ont chuté à la 7e place. C’est un peu osé de te demander ça, mais si tu étais resté, n’auriez-vous pas remporté le titre ?

(rires) De ce temps-là, mon influence dans le jeu n’était pas extraordinaire. Peut-être que j’aurais pu leur apporter mon expérience, en dehors du terrain. Mais il était temps pour moi de vivre un nouveau défi. Et on ne doit pas oublier que si je n’avais pas été à Mayence, je n’aurais certainement pas connu Thomas Tuchel et je ne serais pas à Paris aujourd’hui.

As-tu tout de suite eu de bonnes relations avec Thomas Tuchel ?

Avec Mayence, j’ai vécu la troisième montée en Bundesliga de ma carrière. Thomas est lui devenu notre entraîneur juste après notre montée.

Avant ça en 2009, il remporte le titre de champion d’Allemagne avec les U19 de Mayence…

J’ai ensuite vécu deux saisons à ses côtés, deux saisons gâchées par des blessures. Seulement sur la fin, j’ai pu jouer quelques matchs avant de mettre un terme à ma carrière à l’été 2011. Ce n’est pas comme si j’avais marqué 100 buts pour son équipe (sourit), mais simplement je m’entendais bien avec lui. Comme avec Ralf Rangnick d’ailleurs.

Ralf Rangnick t’a formé au métier d’entraîneur après ta fin de carrière en 2011, n’est-ce pas ?

Exactement. Je dois tout à Ralf Rangnick, car sans lui je ne serais jamais devenu entraîneur. Lui et Helmut Groß ont marqué ma carrière d’entraîneur et ont toujours été à mes côtés.

Tes passages à Hoffenheim et à Mayence ont donc été un véritable coup de chance pour la suite de ton voyage !

En effet, grâce à ça, j’ai pu devenir coach. Ralf Rangnick et Thomas Tuchel ont travaillé avec des centaines de joueurs tout au long de leur carrière. Et je suis l'un des rares chanceux qui a été choisi pour jouer un rôle spéciale. J'en suis très, très reconnaissant. Mais ce n'était pas une coïncidence, bien sûr, parce que j'essaie toujours de tirer le meilleur parti de mes possibilités et de continuer à apprendre.

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"Je dois tout à Rangnick"

Comment ça s'est passé en 2012, quand Ralf Rangnick t’a emmené en Autriche au FC Liefering ?

J'ai commencé en tant qu’entraîneur adjoint en 3e division autrichienne. Ce n'était certainement pas un jeu d’enfant. Ce n'était donc pas comme si j'avais immédiatement obtenu un poste haut placé. Non, j'ai travaillé dur pour progresser. À l'époque, je n'avais pas de licence d'entraîneur, je devais d'abord l’obtenir.

Que s'est-il passé ensuite ?

Nous sommes montés en 2e division. J'ai ensuite été promu et j'ai pu être l'entraîneur adjoint de l'équipe de première division de Salzbourg, aux côtés de l'actuel entraîneur de Francfort Adi Hütter. Après être immédiatement devenus champions et vainqueurs de la Coupe, nous avons eu l'opportunité d'aller en 2e division avec Ralf en Allemagne ....

... et ici aussi à Leipzig, tu as connu une ascension rapide....

Nous sommes montés directement en Bundesliga, nous avons terminé deuxièmes derrière le Bayern, puis nous avons joué une bonne première saison internationale. Jusqu'ici, ma carrière d'entraîneur se résume à avancer petit à petit dans la bonne direction. Et l'étape suivante a été le poste d’entraîneur adjoint du PSG.

Alors, qu'est-ce que ça te fait de former des stars mondiales comme Neymar et Kylian Mbappé ?

Les noms pour moi n’ont jamais eu d’importance. Au premier abord, je ne vois que la personne, pas l'athlète. Pour moi, ce sont donc des gens normaux qui subissent une pression énorme. J'essaie de les soutenir autant que possible dans tous les domaines, tant au niveau humain ou que professionnel. Sutout que Neymar ou Mbappé sont sous les feux de la rampe.

Comment vivent-ils ça ?

Vu que tout le monde parle tout le temps d’eux, ils ne s'ouvrent pas si vite à de nouvelles personnes. Mais je les connais depuis sept ou huit mois maintenant et j'ai pu établir une très bonne relation avec eux. Ils savent que je les soutiens. C'est pour moi un grand honneur d'être tous les jours aux côtés des meilleurs footballeurs sur le terrain d'entraînement. J’en suis reconnaissant. C’est un rêve que je vis depuis déjà quelques années.

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Du temps où Zsolt Löw était à Leipzig
Bundesliga 2018/2019 | 23e journée
RB Leipzig

LU

25 février

TSG 1899 Hoffenheim
20:30
Red Bull Arena, Leipzig

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